Survol de Bruxelles : réaction scandalisée de Benoît CEREXHE
A la lecture de la Libre Belgique de ce samedi matin, le ministre bruxellois Benoît CEREXHE tient à faire les commentaires suivants quant aux propositions développées par le Secrétaire d’Etat fédéral à la Mobilité en matière de plan de vol au départ et à l’arrivée de Bruxelles-National.
En préalable, Benoît CEREXHE tient à faire savoir qu’il est particulièrement scandalisé de voir comment certains hommes politiques du Nord du pays ont de l’application des décisions de justice des lectures différentes selon qu’elles leur sont favorables ou non. D’un côté, des hommes et femmes politiques exigent, sans discussion possible, la scission de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde sur base d’un arrêt de la Cour constitutionnelle qui n’évoque nullement la nécessité de le scinder ; de l’autre côté, ces mêmes hommes et femmes politiques s’asseyent sur des arrêts définitifs rendus par les plus hautes juridictions de notre pays concernant la suppression obligatoire du principe de dispersion prévu par le plan Anciaux, le droit pour la Région bruxelloise de disposer de normes de bruit propres, l’obligation d’en revenir aux normes de vent dites « historiques ». Il s’agit là, pour Benoît CEREXHE, d’un « vrai scandale », qu’il convient de dénoncer le plus vivement possible et auquel les autorités politiques de la Région bruxelloise ne peuvent rester indifférentes.
Au nom prétendu d’une certaine forme de sécurité, le Secrétaire d’Etat à la Mobilité ne vise en réalité qu’un seul objectif : alléger de manière importante les nuisances sonores sur le Noordrand en déplaçant celles-ci sur la Région bruxelloise, la périphérie-est de Bruxelles et le Brabant wallon. Pour Benoît CEREXHE, le procédé n’est ni plus ni moins qu’écoeurant et inacceptable.
Benoît CEREXHE tient à faire les considérations suivantes :
- Le principe de sécurité ne se limite pas qu’aux seules conditions de vent. Les longueurs de pistes, l’existence de zones de dégagement ou non, la déclivité des pistes sont d’autres éléments dont le gouvernement fédéral doit et devra tenir compte. L’accident récent d’un avion cargo à Bruxelles-National est venu rappeler à tous que le danger pour les passagers et les riverains survolés est AUSSI lié à ces paramètres.
- Evoquer le principe de sécurité est un leurre, un mensonge, si l’analyse ne prend guère en compte un autre principe, tout aussi fondamental : celui de précaution. Les plans actuels du Secrétaire d’Etat à la Mobilité, ont pour conséquences (et objectifs) de réduire le survol de zones à faible densité de population et d’accroître de manière exponentielle le survol, dans les phases de vol les plus critiques (décollage et atterrissage), des zones les plus densément peuplées. Il s’agit là d’une mystification sans nom. Tout, dans ce qui est proposé aujourd’hui par le Secrétaire d’Etat à la Mobilité, vise à délester sur Bruxelles les nuisances générées par l’aéroport de Zaventem : abaissement des normes de vent, traversée de part en part de Bruxelles de jour comme de nuit par la route Chabert et/ou la route du Canla, augmentation de la hauteur de virage,…
- Le Ministre Benoît CEREXHE affirme par ailleurs que le choix des normes de vent proposées par le Secrétaire d’Etat à la Mobilité est moins dicté par des considérations de sécurité que par une volonté politique délibérée de transférer des nuisances aériennes du Noordrand sur l’Oostrand et la Région bruxelloise. Benoît CEREXHE rappelle au Secrétaire d’Etat que la norme de vent qu’il propose (5 nœuds de vent arrière sur la 02/20) a été condamnée par la Justice belge. Par ailleurs, l’Europe regorge d’exemples d’aéroports urbains de grande renommée (Schiphol, Frankfurt, Orly, …) , où les normes de vent en vigueur sont supérieures à celles proposées par le Secrétaire d’Etat à la Mobilité.
- Benoît CEREXHE s’étonne enfin des intentions du Secrétaire d’Etat de réduire un peu plus encore les outils de contrôle, d’information et de médiation citoyennes sur ce qui se passe à et autour de Bruxelles-National, alors que d’autres grands aéroports européens jouent le jeu de la transparence la plus grande à l’égard des populations survolées. Benoît CEREXHE dénonce depuis de nombreuses années la politisation des administrations en charge de ce dossier.
En conclusion, Benoît CEREXHE fait savoir que chaque jour et chaque plan qui passe démontre un peu plus combien l’implantation géographique de l’aéroport de Bruxelles-National est de moins en moins adaptée à son environnement et qu’à ce titre, il convient désormais de spécialiser l’aéroport de Zaventem en City-Airport via le développement de synergies importantes avec le rail et d’autres aéroports proches.